Maraude
Il y a de cela quelques années que l'on ma demandé de faire la maraude de novembre à la fin mars. J'ai fais des rencontres inoubliables, vécu des moments forts avec ces gens que l'on nomme SDF.
Il est vrai qu'il n'y a pas que des SDF mais aussi des gens en foyer, en grande précarité qui ont de quoi manger et dormir tout les jours, mais leur détresse est profonde et le besoin d'être écouté est grand. Il y a aussi les demandeurs d'asiles, les gens du voyage et les toxycomanes. Dans tout cela il y a beaucoup de personnes qui ont des troubles d'ordre psychiatrique, surtout des schyzophrènes. Alors voilà, dans ce vaste mélange de gens et de cultures, il faut pouvoir s'y retrouver.
Quant aux vrais SDF, nous en avons peu. Il y a monsieur R., le plus connu, il est né en 1945 et vie dans la rue depuis si longtemps qu'il ne peut plus dire à quel date il a fait la bascule dans la rue ...
M. J-L, dans la rue depuis de nombreuses années, a fait sa descente aux enfers en quelque mois. En 2008, il est à ça je ne sais combientième cure de sevrage. Mais la bouteille a toujours eu raison de lui. Pourtant, il suffit de parler avec lui pour s'apercevoir qu'il n'est qu'un gamin perdu, bien qu'il ne soit plus si jeune, il est né en 1954.
M. C., un dur de dur, saoul du matin au soir, il ne doit plus se rappeler quelle sensation on éprouve d'être à jeun. Nous l'avons emmené au tribunal pour une mise sous tutelle. En janvier 2008, il fut interné en psychiatrie.
Le reste de la tribu de la nuit se trouvent souvent à la gare. ils sortent dès qu'ils voient arriver le véhicule de la maraude avec à son bord trois voire quatre personnes de l'action sociale. Les portes arrières du véhiule s'ouvrent et le distributeur de boisson chaudes entre en scène. Café, thé, soupe boeuf croûton, soupe légume crouton, chocolat, café au lait, les thermos se vident au gré des demandes. Manger? C'est possible, une boulangerie sandwicherie nous donne chaque soir les invendus de la journée. Un jambon beurre, un niçois, un fromage, une viennoiserie, il y en a pour tout les goût. Puis vint le moment de la discution, ils sont plus ou moins alcoolisé, cela dépend des soirs, j'ai vécu des moments très mystiques, d'autres ou ils n'ont pas forcément envie de parler, d'autres de franches rigolades...

Il y a aussi le 115, numéro d'appel pour les sans-abris. Le 115 nous apelle pour faire les transports de personnes de la rue vers un foyer pour la nuit. Ce sont souvent des gens de passage débarquant à la gare sans un sou et souvent avec une amende dans la poche pour avoir fraudé dans le train.
Il y a aussi des gens qui viennent de l'étranger, beaucoup de personnes de l'Est, qui parlent très mal français et qui nous demandent de les aider. Nous faisons le 115 à leur place et les ammenons dans un foyer s'il y a encore de la place.
Il nous arrivent aussi de fouiller les squats de la ville ou bouteilles d'alcool, seringues et médicaments font bon ménage. Bienvenue dans le monde de la toxicomanie...

Il y a les Rom's qui squattent d"anciennes usines ou des caravanes dans un état lamentable, souvent loué par des compatriotes peu scrupuleux. Les femmes sont généralement enceinte, le bruit court en Roumanie qu'ils touchent 650 euros par mois pour un enfant en France... Pour eux il s'agit de l'eldorado, si ce n'est qu'ils ne vont rien toucher et qu'ils vont avoir une bouche de plus à nourrir.
Il nous arrivent aussi de dépanner les prostituées qui sont en manque de préservatif.